Comment lâcher-prise au travail avant de perdre pied !

Pourquoi développer le lâcher-prise est une compétence de base en management ?

Lorsque je dis à un manager qu’un de ses collaborateurs devrait apprendre à lâcher-prise, mon discours est souvent mal accueilli. Souvent, ma recommandation est interprétée comme une porte ouverte au renoncement, une autorisation à abandonner…

« Je vous demande de l’aider à tenir le coup pas de le démotiver » est la première réponse à laquelle j’ai souvent droit.

 

 

Pourquoi un manager devrait-il encourager le lâcher-prise chez ses collaborateurs ?

Dans la plupart des cas, l’intervention est destinée à une personne très motivée, très professionnelle dont l’implication au travail est remarquable. Agrave; force d’avoir tout donné pendant très longtemps, elle montre souvent des signes d’épuisement et de stress importants. Régulièrement, ses réactions sont dures, d’une émotionnalité incontrôlée. Sa concentration diminue depuis un certain temps et elle a régulièrement tendance à s’énerver pour un rien.

Le manager, qui nous appelle à l’aide, craint de perdre cette personne et ne parvient plus à la gérer efficacement. Et c’est là que le lâcher-prise devient indispensable. Limiter les excès d’implication est alors le point de passage inévitable si vous souhaitez éviter un épuisement professionnel, un Burn Out, une rupture.

Nous formons le manager pour qu’il favorise le développement d’un lâcher-prise chez son collaborateur.

 

 

Que veut dire « lâcher-prise » ?

Lâcher-prise ne veut pas dire faire les choses à moitié ou sans conscience professionnelle. Le lâcher-prise consiste à assurer au mieux vos responsabilités et à en éprouver la juste satisfaction.

Les personnes incapables de lâcher-prise se laissent souvent envahir par des remords, une mauvaise conscience, un sentiment d’insatisfaction parce que les résultats obtenus ne sont pas suffisamment bons ou qu’il leur reste encore tant de choses à faire. Souvent, leurs attentes ne sont pas réalistes ou la situation ne permet pas de faire mieux, mais elles se mettent une pression inutile et contre-productive.

Lâcher-prise revient donc à apprendre à (se) mettre des limites.

 

 

Apprendre à (se) mettre des limites

Vous ne pouvez tout contrôler et ne le pourrez jamais. Certains problèmes n’ont pas de bonnes solutions. Vous ne pouvez rien y faire et ne pourrez jamais rien y faire. Agrave; moins que vous ne soyez un « surhomme » ou une « surfemme » auquel cas une carrière à Hollywood vous attend les bras ouverts.

Faire un déni de cette réalité est une des plus sûres façons de créer pour vous (et votre entourage) un sentiment d’insatisfaction permanent et systématique. La plupart des personnes ont reçu des messages éducatifs : « sois parfait », « sois fort », « sois gentil » … Ceux-ci étaient destinés à nous aider, à nous « équiper » pour la vie. Mais, certains ont été mal intégrés, c’est-à-dire que nous les avons pris trop au premier degré. Ils sont alors devenus des « drivers » (en français des messages contraignants). Ceux-ci nous poussent à systématiquement fonctionner de façon à être parfait, être fort, être le meilleur… Nous perdons notre libre arbitre et nous mettons à agir de façon répétitive et irréaliste, en ne disant pas « non » quand il le faudrait, en prenant trop de travail sur nos épaules, en étant systématiquement insatisfait de nous-même….

Comme il est impossible d’être parfait ou d’être toujours le meilleur, vous allez être régulièrement confronté à votre incapacité à satisfaire vos "drivers", ce qui va vous pousser à augmenter encore plus vos efforts. Le résultat ? Plus de fatigue, plus de frustration qui entraînent à leur tour plus d’efforts. Un vrai cercle vicieux dont la personne sort rarement vainqueur.

Bien sûr, les messages éducatifs que vous avez reçus sont nécessaires et ils sont même des clés essentielles du succès. Mais si vous ne contrôlez pas vos "drivers", ceux-ci vont se retourner contre vous.

 

 

Tenir compte des réalités organisationnelles

Même si vous êtes le propriétaire de votre entreprise, vous ne contrôlez qu’une petite partie des événements. Un collaborateur que vous ne parvenez pas à motiver, un concurrent qui dispose de moyens financiers ou d’avantages qui vous sont inaccessibles, une récession… sont autant d’éléments face auxquels vous êtes parfois impuissants. Et dans certains cas, comme la situation économique globale, vous êtes et resterez totalement désarmé.

Ces éléments-là vous empêcheront parfois d’atteindre les résultats que vous souhaitiez. Mais vous ne pouvez rien y changer. Faire un déni de cette réalité risque d’entraîner une insatisfaction à votre égard qui, ici aussi, n’a aucun lieu d’être.

 

 

Ne prenez pas la route vers le Burn Out

Ne pas vous mettre des limites vous empêche de lâcher-prise et est à l’origine d’une insatisfaction systématique et permanente. La mauvaise conscience, le sentiment de ne pas répondre aux attentes vont vous envahir parce que vous regardez toujours la bouteille à moitié vide. Vous vous sentez (inconsciemment) responsable de toute une série d’éléments sur lesquels vous n’avez pas de contrôle.

Celui qui lâche prise ne porte pas un fardeau inutile, il regarde la bouteille à moitié pleine. Il se réjouit de ce qu’il a réalisé plutôt que de penser à tout ce qui doit encore être fait. Il accepte son incapacité à être parfait et à triompher de toutes les situations.

À votre avis, lequel des deux risque le Burn Out ?

 

 

Consacrer votre énergie là où vous aurez les meilleurs résultats

Le perfectionnisme est un leurre. Plus vous essayez d’en approcher et plus vous allez consacrer un temps et des ressources importantes pour des progrès de plus en plus ténus. Vous pouvez courir après le résultat optimum en vain et vous épuiser ou accepter de vous « limiter » à ce qu’on appelle le résultat optimum. Celui qui répond exactement à la demande de votre client sans la dépasser de façon à éviter toute perte de temps inutile.

Lâcher-prise nécessite de gérer vos "drivers", en particulier celui qui est appelé « sois parfait », pour viser le niveau de qualité optimum dans votre travail. C’est la loi de Pareto, un sujet au cœur de toute formation à la gestion de temps.

 

 

Améliorer votre résilience

Pour pouvoir lâcher-prise, vous allez être amené à vous poser certaines questions :

  • Ai-je fait ma part ?
  • Ai-je fait de mon mieux ?
  • Les causes d’un travail qui ne me satisfait pas complètement dépendent-elles de moi ? Ai-je du contrôle sur ces situations ?

Comme les neurosciences l’ont montré depuis pas mal de temps, vous poser ce genre de question vous amène à activer la partie frontale de votre cortex (le Cortex Pré frontal) la partie de votre cerveau que vous utilisez pour vous contrôler, gérer vos émotions. En un mot le centre cérébral que vous devez développer pour augmenter votre résilience.

 

 

Quelques conseils concrets pour lâcher-prise au travail

  1. Acceptez vos limites, votre impuissance, votre imperfection. Cessez de vous torturer à ce sujet. Vous êtes humain.
  2. Rappelez-vous que le fait de vous poser des questions, telles que celles que je vous ai proposées au paragraphe précédent est à la base du lâcher-prise et vous permet d’augmenter votre résilience.
  3. En tant que manager, montrez le bon exemple. Développez votre propre lâcher-prise pour mieux accompagner vos collaborateurs dans le leur.

 

 

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